dimanche 30 août 2020

The Swapper (eShop Wii U, Steam) Facepalm Games

"The Swapper" est un jeu assez curieux, qui repose sur deux aspects complètement distincts.

D'un côté, la forme (ou le fond, tout dépend de l'angle sous lequel on voit les choses) est celle d'un jeu d'exploration et d'ambiance, entre "Super Metroid" (vue en 2D, rythme contemplatif, gameplay mêlant plateformes et puzzles) et "Dead Space" (ton horrifique, histoire inquiétante avec des rebondissements et des implications philosophiques). Les graphismes sont uniques puisqu'ils utilisent des éléments digitalisés à la façon de "Donkey Kong Country" ou de "Vectorman", mais à l'origine ils ont ici été construits à la main, notamment avec de l'argile, pour un résultat étonnant. L'histoire est bien menée et assez subtile, exigeant un bon niveau d'Anglais, on y est beaucoup plus proche d'une nouvelle de Isaac Asimov ou de Philip K. Dick que d'un film d'horreur, ce qui plaira à certains joueurs et en rebutera d'autres. Tout cet aspect est clairement le gros point fort du jeu, ce qu'on en retient au final.

Et d'un autre côté, il y a le gameplay, qui est une simple suite de puzzles se ressemblant à peu près tous, avec peu de nouvelles mécaniques : il s'agit à chaque fois de collecter une espèce d'orbe grâce à un pistolet à clones permettant de se dupliquer jusqu'à quatre exemplaires. On déplace tous les clones simultanément, mais on ne peut en créer de nouveaux ou ne collecter l'orbe qu'à partir du corps dans lequel on est incarné, le pistolet (ou "swapper") permettant aussi de transférer son "âme" de corps en corps.


Les puzzles s'axent autour de lumières bleues qui empêchent de se dupliquer et de lumières rouges qui bloquent le transfert d'âme (et de lumières roses qui font les deux), avec parfois des interrupteurs, des caisses à transporter ou des inverseurs de gravité... et c'est tout, il n'y a pas d'autres éléments. Tous ces puzzles sont plaisants mais complètement cloisonnés et artificiels, dépourvus de sens dans le cadre narratif du jeu (au contraire de "Portal" par exemple), et ils sont tous plutôt faciles : un seul puzzle m'a vraiment fait réfléchir, j'ai résolu tous les autres machinalement...

Dit comme cela, on pourrait croire que ces deux moitiés se marient mal et produisent un jeu bancal, mais en fait, on passe environ quatre heures très agréables. Oui, les puzzles peuvent donner l'impression d'être du remplissage, mais ils sont de bonne qualité et ont le bon goût de ne pas ralentir le rythme de la moitié narrative et immersive du jeu. J'avais découvert "The Swapper" sur Wii U à sa sortie il y a six ans, et j'y ai rejoué avec plaisir sur Steam, le trouvant aussi mémorable et captivant que la première fois : si elles ne se mélangent pas du tout, ses deux moitiés se complètent très efficacement.

Compte tenu de sa courte durée de vie et de son manque de rejouabilité, je ne recommande pas "The Swapper" au prix fort, mais si ce que j'en ai dit vous intéresse, je vous encourage à l'acheter lors d'une promotion.

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