mardi 1 septembre 2020

The Binding of Isaac - Rebirth (Steam) Edmund McMillen

Même si j'aime beaucoup Edmund McMillen, j'ai tardé à m'intéresser à "The Binding of Isaac", auquel j'ai donc joué après avoir pratiqué un certain nombre de Rogue-lite s'en étant directement inspirés. J'ai ainsi pu découvrir que ce jeu avait inventé presque toutes les règles du genre, et que malgré l'énorme concurrence qui s'est constituée depuis, il reste très pertinent et amusant.

Avant "The Binding of Isaac", "Spelunky" avait déjà innové en créant le Rogue-lite, mais les deux jeux sont très différents puisque "Spelunky" pastiche "Spelunker" et "Rick Dangerous" alors que "The Binding of Isaac" pastiche le premier "The Legend of Zelda" que l'on aurait croisé avec "Smash TV". De plus, alors que "Spelunky" suit la pure logique de "Rogue" en proposant toujours le même jeu quel que soit le nombre de fois où l'on y a joué, "The Binding of Isaac" a eu l'idée géniale de débloquer du contenu alors que l'on y joue et rejoue, jusqu'à métamorphoser son gameplay tant pour assister le joueur (armes, pouvoirs spéciaux) que pour s'y opposer (nouveaux niveaux, nouveaux boss), augmentant ainsi radicalement sa rejouabilité et son caractère addictif.

En plus d'avoir conçu beaucoup des idées que l'on retrouve dans la plupart des Rogue-lite, le jeu est aussi très efficace, avec une grande variété d'ennemis et d'arènes, un contenu qui paraît sans fin, un défi finement réglé, et un univers unique, largement plus subtil et dérangeant que son côté trash et son humour noir ne le laissent paraître (comme souvent avec Edmund McMillen). Plutôt que ses innovations, c'est ce mélange de drôlerie, de tragique et de macabre qui fait que le jeu marque toujours autant aujourd'hui, peu de ses concurrents pouvant se vanter d'une identité aussi forte et d'un tel impact émotionnel.

Ceci étant dit, j'ai tout de même plusieurs choses à reprocher à "The Binding of Isaac"...


Tout d'abord, il est agaçant de toujours recommencer avec un tout petit flot de larmes lent et imprécis comme seule arme. Selon sa (mal)chance, on peut être contraint de se défendre avec ce filet d'eau tiède pendant des niveaux entiers, ce qui peut faire durer certaines salles ou certains boss beaucoup trop longtemps. J'ai été modérément enthousiaste dans ma critique de "Monolith", un Rogue-lite inspiré de "The Binding of Isaac" qui est loin d'avoir un univers aussi riche que son modèle, mais au moins, ce jeu reste très nerveux et très précis du début à la fin.

Ensuite, je trouve la non-explication des powerups vraiment snob. Je peux comprendre ce choix dans le contexte de la première version du jeu puisqu'il innovait et comptait sur l'effort communautaire sur Internet, mais dans le cadre d'une édition "Rebirth", c'est exaspérant, on a mieux à faire qu'apprendre une liste par cœur ou devoir sans cesse mettre son jeu sur pause pour lire un guide.

Enfin, il y a certes beaucoup de contenu, mais il se débloque au compte-gouttes. Après vingt heures de jeu pendant lesquelles j'ai atteint la fin plusieurs fois en battant "Mom", puis avoir débloqué "The Womb" et battu "Mom's Heart" plusieurs fois là aussi, je me suis lassé, avec le sentiment que j'avais fait le tour de la question et la forte envie de passer à autre chose, alors que 92% du jeu restait apparemment à débloquer si j'en crois la liste des succès. Après le snobisme, je trouve un peu prétentieux d'exiger que l'on investisse autant de temps pour débloquer un contenu qui, au bout du compte, ne sort jamais d'un cadre plutôt répétitif.

"The Binding of Isaac" reste un classique, un jeu excellemment bien fait, mémorable et très rejouable que je recommande bien sûr, même si dans un style voisin je lui préfère "Enter the Gungeon" grâce à sa nervosité "arcade", sa réalisation et sa variété.

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