lundi 23 octobre 2017

You Have to Win the Game (Steam) Minor Key Games

"You Have to Win the Game" est d'abord un bel hommage à "Jet Set Willy" sorti sur ZX Spectrum en 1984 ; il s'agit donc d'un jeu d'exploration/plateformes où l'on peut se déplacer librement dans un labyrinthe de plus d'une centaine d'écrans (sans scrolling) afin d'y ramasser tous les objets à collecter, ici des sacs d'argent et des petits cœurs. Comme dans "Jet Set Willy", chaque écran porte un nom ou un commentaire qui lui est spécifique (très pratique pour trouver de l'aide sur Internet), et le héros y est incapable de se défendre contre les monstres et les pièges qu'il rencontre, devant se contenter de les esquiver en sautant.

Par défaut, les graphismes imitent les graphismes CGA des vieux PC, avec comme seules couleurs du noir, du blanc, du fuchsia et du cyan criards, mais on peut aussi choisir dans les options des graphismes EGA plus colorés pour un rendu final assez voisin de celui du ZX Spectrum. L'ambiance sonore est quant à elle très minimaliste, avec des blips et des bloups et pas de musique, mais cette sobriété a son charme. La simulation d'écran cathodique (image bombée, reflet, etc.) est plutôt réussie et peut de toute façon être désactivée. C'est du très beau "rétro".

Pour enrichir le gameplay, par-dessus le socle revendiqué et éprouvé de "Jet Set Willy", le jeu rajoute des éléments empruntés à Metroid : souvent, notre progression sera bloquée par des segments d'apparence infranchissable, il faudra alors trouver différents powerups pour aller de l'avant, comme la possibilité d'effectuer un double saut ou un saut mural, ou de matérialiser certains blocs. Pour parachever son identité "old school", le jeu comporte également des éléments de jeu d'énigmes, puisqu'il faudra déduire un mot de passe à partir de divers indices inscrits ça et là sur les murs, indispensable avant de réellement finir le jeu à 100%.


Ces trois couches ludiques fonctionnent bien ensemble, l'expérience est très naturelle et fluide grâce à un level design bien conçu, une maniabilité nettement supérieure aux jeux 8-bit référencés, et surtout des checkpoints très fréquents. C'est son seul aspect vraiment moderne : à la façon de "VVVVVV" par exemple, le jeu nous fait mourir très souvent, mais ce n'est pas grave puisque l'on dispose de vies infinies, et lors des passages les plus durs on aura forcément croisé un checkpoint quelques secondes auparavant.

La difficulté est bien dosée : on doit se repérer dans un grand labyrinthe sans carte mais ça se fait intuitivement et sans frustration, les objets à collecter sont bien cachés (certains se fondent dans le décor) mais jamais de façon malhonnête (pas de faux murs ou d'énigmes bizarres, ils sont tous visibles à l'écran), certains passages sont délicats mais le dernier checkpoint n'est jamais loin... le jeu est extrêmement agréable et a une durée idéale par rapport à ce qu'il propose, et il offre de surcroît des modes optionnels plus ardus pour les joueurs qui en redemanderaient.

Le jeu est de toute façon gratuit, vous pouvez toujours l'essayer pour vous faire votre propre opinion. Pour ma part, j'ai largement préféré "You Have to Win the Game" à "VVVVVV" par exemple (sa maniabilité et sa précision sont bien meilleures), le jeu est très bien pensé et est formidablement sympathique. Pour quelqu'un qui a grandi avec les micro-ordinateurs 8-bit et a passé un temps déraisonnable à se casser les dents sur "Jet Set Willy", ce jeu représente les avantages du old school sans ses inconvénients.

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