mercredi 25 juillet 2018

Ultimate Doom (Steam) id Software

Je ne m'attendais pas à m'amuser autant avec "Ultimate Doom".

Après avoir rejoué à "Dark Forces", qui est en quelque sorte "Doom dans l'univers de Star Wars" et dont j'ai pensé le plus grand bien, je me suis dit qu'il était grand temps que je comble enfin une de mes lacunes : je n'avais en effet jamais joué au "Doom" original. Grâce à cette édition "Ultimate" tournant sous DOSBox et vendue à un prix raisonnable sur Steam, une négligence vieille d'un quart de siècle vient donc d'être corrigée.

J'avoue qu'au début, venant de jouer à "Dark Forces", j'ai pris "Doom" pour une version primitive du jeu de LucasArts, comme un "brouillon" un peu bourrin et superficiel, mais en réalité "Doom" a sa propre profondeur, et surtout, les deux jeux sont en réalité très différents : "Dark Forces" est très immersif, il incorpore une histoire, des objectifs, des puzzles qu'il faut résoudre minutieusement à chaque fois que l'on rejoue au niveau correspondant, des missions qui peuvent être longues quand on ne les connaît pas bien, etc. Le jeu réclame ainsi un certain investissement et ne se prête pas à être fréquemment joué et rejoué "juste pour le plaisir".


À comparer, "Doom" est plus abstrait, plus libre et plus "brut" dans ses mécaniques ludiques et dans le plaisir qu'il procure, avec un level design de labyrinthe ouvert qui évoque davantage les arènes "arcade" de "Alien Syndrome" qu'une campagne solo de FPS moderne. "Doom", c'est l'amusement immédiat et sans engagement, on peut y jouer au moindre petit créneau de temps disponible sans se soucier d'un quelconque contexte, et on peut le quitter n'importe quand grâce au système de sauvegarde libre (que n'a pas "Dark Forces", qui exige que l'on joue à un niveau du début à la fin).

En plus de ce côté "allez, je vais me faire un petit Doom" qui fait que l'on y joue comme on cède à une gourmandise, "Doom" reste un jeu sacrément solide en matière de mécaniques ludiques. Après avoir battu sa première campagne (le jeu en comporte quatre) au niveau de difficulté par défaut, je n'étais pas convaincu par son gameplay, mais après avoir continué d'y jouer avec la difficulté réglée sur "Ultra-Violence" puis m'être confronté au niveau "Nightmare", j'ai réalisé que le rôle des réflexes, du positionnement, de l'anticipation, du choix des armes, de la gestion des munitions, etc. y étaient diablement bien pensés. Le jeu se prête de plus très bien à se fixer soi-même des défis, augmentant la rejouabilité : explorer toute la carte, trouver tous les passages secrets, gagner le plus vite possible (il y a un "par" qui sert de repère par mission), ne jamais sauvegarder, ignorer telle ou telle arme, etc.

Pour ce qui est des graphismes et de l'ambiance, j'ai été frappé par l'efficacité du jeu et sa capacité à créer des cadres nettement distincts avec pas grand-chose. Après avoir jeté un œil sur les moteurs graphiques alternatifs (ZDoom, GZDoom, Zandronum, etc.) et les mods genre Project Brutality, j'ai finalement choisi de jouer au jeu tel quel, en altérant juste un peu les réglages de DOSBox (en utilisant le scaler hq3x par exemple) : je trouve que le jeu dans sa version DOS a beaucoup plus de charme que le rendu trop lisse des moteurs alternatifs, et je voulais que le gameplay d'origine reste intact, celui-ci étant à mon avis parfait comme il est.

"Ultimate Doom" a été pour moi une très bonne surprise, je ne m'attendais pas à ce qu'un jeu en 3D de 1993 puisse aussi bien vieillir, et je comprends mieux l'engouement qu'il a suscité à sa sortie et qu'il suscite encore : "Ultimate Doom" est un très grand classique auquel tout le monde devrait avoir joué.


Ceci étant dit, je dois malheureusement ajouter que je suis bien moins enthousiaste pour "Doom II", qui commet à mon avis les mêmes erreurs que la dernière campagne de "Ultimate Doom", "Thy Flesh Consumed" : en gardant l'exact même moteur tout en voulant concurrencer des FPS modernes en "vraie" 3D, "Doom II" a compliqué à outrance son architecture avec des ennemis qui nous canardent hors-écran puisque placés trop haut ou trop bas sans que l'on puisse lever ou baisser la tête, et propose un défi postulant que l'on sauvegarde toutes les cinq secondes, adorant par exemple nous surprendre en ouvrant des panneaux secrets derrière nous pour que des hordes d'ennemis invisibles nous attaquent dans des décors trop sombres. Tout l'amusement nerveux typique de "Doom" est annihilé par ce design surchargé et punitif.

ADDENDUM : "Ultimate Doom" a été mis à jour sur Steam en septembre 2020. Cette version permet de se passer de DOSBox, recadre le jeu au format 16/9, est bien plus ergonomique, ajoute un nouveau niveau de difficulté, etc. tout cela en conservant le rendu visuel et le gameplay de "Doom" (cf. les captures d'écran ci-dessus) ; le jeu est ainsi bien plus agréable à utiliser.

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