lundi 31 décembre 2018

Bloodstained - Curse of the Moon (Steam) Inti Creates

"Bloodstained : Curse of the Moon" est un hommage évident aux Castlevania old school sur NES, avant que la série n'emprunte le schéma exploratif de Metroid : dirigé par Koji Igarashi, qui a travaillé sur beaucoup d'épisodes de Castlevania, le jeu semble tout particulièrement inspiré de "Castlevania III" avec ses trois personnages jouables à recruter et ses chemins alternatifs. Tous les clichés de Castlevania sont là : le cadre gothique, les escaliers, les ennemis volant selon des trajectoires sinusoïdales, les lampes qui flottent dans les airs à détruire pour obtenir des points qui permettent d'utiliser des armes secondaires, les powerups cachés dans les murs, les coups ennemis qui nous stoppent en plein saut et nous font tomber dans le vide avec perte d'une vie et retour immédiat au dernier checkpoint, etc.

Personnellement, je n'aime pas tellement Castlevania, que j'ai toujours trouvé trop lent et rigide (je préfère les Ghosts'n Goblins par exemple, et pour les épisodes à la Metroid, je préfère un univers de science-fiction), mais j'ai tout de même donné sa chance à "Bloodstained : Curse of the Moon", et je ne le regrette pas : je me suis énormément amusé, jusqu'à gagner tous les succès du jeu sans me lasser - c'est en fait devenu mon clone de Castlevania préféré...


"Bloodstained : Curse of the Moon" peut paraître un peu paresseux au début, mais il est en fait beaucoup plus dynamique que ses sources d'inspiration : il est plus nerveux, plus réactif, plus maniable (on peut se retourner en plein saut à la "Ghosts'n Goblins", atterrir sur les escaliers directement, le scrolling ne se bloque pas), plus juste (les risques de chutes mortelles sont mieux répartis), et surtout, ses différents personnages sont très bien gérés, avec plus de souplesse que dans "Castlevania III". En effet, après avoir libéré un personnage, on a trois choix : l'ignorer et passer son chemin, le tuer et acquérir un mouvement spécial (attaque aérienne, double saut, course), ou bien le recruter. Contrairement à "Castlevania III", les héros recrutés s'ajoutent et ne se remplacent pas, ils ont chacun leur barre de vie, leurs armes et leurs propriétés, et basculer de l'un à l'autre est immédiat. Cumulé avec un level design qui exploite parfaitement leurs capacités, cela rend le jeu bien plus intéressant à parcourir, d'autant que les décors comportent des embranchements assez fréquents.

Graphiquement, si le jeu fait évidemment de multiples références aux Castlevania sur NES, il a un style bien distinct : les jeux sur NES avaient des palettes assez ternes avec des tons qui se voulaient "réalistes" (beaucoup de gris, de marron, de sépia), alors qu'ici les graphismes jouent beaucoup sur les contrastes et font bien ressortir les différents éléments affichés à l'écran. Le jeu est ainsi plus criard (il m'a rappelé le ZX Spectrum, c'est dire) mais il est aussi beaucoup plus lisible. Techniquement, le rendu est typiquement 8-bit mais ne limite pas ses effets : les scrollings parallaxes sont impressionnants et les boss sont spectaculaires.


En matière de difficulté, "Bloodstained : Curse of the Moon" est modulable : les quatre héros jouables ou les mouvements spéciaux (si on préfère tuer au lieu de recruter) fluidifient bien le jeu, qui reste très accessible même en "Vétéran" (en "Casual", les vies sont infinies et les coups ennemis ne stoppent pas nos sauts). Les niveaux ne sont pas très longs et sont faciles à maîtriser une fois qu'on les connaît, les boss ont des schémas bien définis, très "carrés" et propres, qui les rendent agréables à affronter. Le jeu a de nombreux succès ainsi que plusieurs modes (dont un boss rush) à débloquer selon les fins obtenues, qui dépendent des héros recrutés, ignorés ou tués. Grâce aux différences de chemins empruntés, de personnages recrutés et de mouvements spéciaux que l'on aura acquis en vue d'obtenir telle ou telle fin, on ne se lasse pas de regagner le jeu encore et encore.

Je recommande donc fortement "Bloodstained : Curse of the Moon", qui non seulement rend superbement hommage aux anciens Castlevania, mais les dépasse tout en les respectant.

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