vendredi 29 mars 2019

Grow Home (Steam) Reflections

"Grow Home" aura été pour moi une véritable bouffée d'air frais.

"Grow Home" nous fait jouer B.U.D. (Botanical Utility Droid), un petit robot faisant partie d'une mission d'exploration spatiale à la recherche d'une plante-étoile, une plante extraterrestre géante aux capacités surprenantes. Au début du jeu, la plante est repérée sur l'île d'une petite planète, et B.U.D. est envoyé pour l'aider à grandir jusqu'à rejoindre l'espace, à la "Jack et le Haricot magique". Après avoir atteint sa taille maximale, la plante germera, et B.U.D. pourra aller collecter les graines qu'elle aura dispersées, ce qui remplira sa mission de prélèvement et d'analyse.

Pour faire grandir la plante-étoile, il faut l'aider à absorber l'énergie d'îlots volants environnants, qui flottent dans les airs comme en apesanteur : B.U.D. doit pour cela grimper jusqu'à un bourgeon de la plante, puis utiliser ses talents de jardinier pour faire croître la tige du bourgeon en direction d'un îlot jusqu'à ce que le bourgeon s'y plante, l'énergie minérale de l'îlot étant alors aussitôt pompée par la plante qui gagnera immédiatement en hauteur.

Au fur et à mesure de notre progression ascensionnelle, on peut aussi accomplir trois objectifs secondaires : activer des points de téléportation dispersés ça et là (qui nous faciliteront grandement la vie), traîner des spécimens de la faune et de la flore locales jusqu'à un point de téléportation afin de les analyser et ainsi constituer une petite encyclopédie, et enfin, collecter une centaine de cristaux d'énergie plantés dans le décor un peu partout, qui permettront à B.U.D. de disposer d'améliorations variées (sauter, voir plus loin, disposer d'un jetpack)...


Pour évoluer sur la plante et sur les îlots plus vite et sans danger, B.U.D. peut aussi utiliser deux éléments de la flore locale qui l'aideront à circuler dans les airs : des fleurs fonctionnant comme des parachutes, et des feuilles pouvant servir de deltaplane. On peut aussi sauter plus haut en rebondissant sur des champignons ou sur les feuilles de la plante-étoile.

Ce qui est magique, dans "Grow Home", c'est qu'il nous ramène au charme de la découverte de notre premier jeu en 3D, avec un sentiment de liberté incroyable typique de certains jeux sur micro-ordinateurs 16-bit ("Starglider 2" sur Amiga par exemple) ou sur Nintendo 64 ou sur la première PlayStation. En fait, le jeu rappelle beaucoup les premiers moments passés sur "Super Mario 64" lors de sa sortie, les joueurs de l'époque s'amusant à courir partout dans le parc du château en faisant des pirouettes, en grimpant aux arbres, etc. avant que le jeu ne leur impose une structure semi-rigide avec des paliers de progression et moult missions.

"Grow Home" reste lui entièrement libre du début à la fin, sans aucune contrainte : B.U.D. peut notamment grimper sur n'importe quelle surface, même la plus périlleuse, simplement en alternant la prise de sa main gauche et celle de sa main droite, à l'instar du vieux jeu d'arcade "Crazy Climber". Le monde de "Grow Home" est ainsi un énorme terrain de jeu dans lequel on fait ce que l'on veut, ce qui est libérateur. Les graphismes stylisés, le cadre naturel du jeu (avec son cycle jour/nuit) et son architecture en monde ouvert correspondent parfaitement à cette idée : explorer l'univers de "Grow Home" jusque dans ses moindres recoins est un régal, tout y est agencé avec soin pour maximiser le plaisir de la découverte.


La physique de B.U.D. est spéciale et a été critiquée par certains, mais c'est un aspect important du jeu : comme le terrain est très accidenté, B.U.D. a une démarche assez aléatoire, et le jeu repose beaucoup sur son moteur physique. En fait, les sensations lors des déplacements sont proches d'un jeu à inertie comme "Marble Madness" ou "Super Monkey Ball", où l'on doit anticiper l'effet des dénivelés et l'inertie de notre personnage. En ce qui me concerne, c'est un des gros points forts du jeu, j'ai eu énormément de plaisir à manipuler B.U.D.

Enfin, le défi est ici parfaitement équilibré : il faut faire attention à ce que l'on fait, mais il n'y a presque pas d'élément hostile et pas de compteur de vie, on réapparaît simplement à un points de téléportation après avoir été détruit (en général, après être tombé au sol trop brutalement), le jeu est donc très reposant. La collecte des cristaux est exemplaire : ils sont toujours cachés de façon très satisfaisante et appropriée, je n'ai jamais eu besoin de consulter un guide pour les trouver. Les graines de la plante-étoile, quant à elles, finissent toujours par échouer sur la plage du début du jeu si on les laisse tomber de très haut par erreur, les rechercher puis les amener aux points de téléportation reste donc agréable. Le jeu est court (cinq heures environ) mais si plaisant que je l'ai gagné deux fois déjà, et j'ai débloqué tous ses succès sans souci.

Un an seulement après "Grow Home" et son étonnant succès commercial, une suite du nom de "Grow Up" est sortie, mais au lieu de reprendre ou prolonger les principes de "Grow Home", il s'agit en fait d'une mise aux normes : "Grow Up" est une caricature de monde ouvert à la Ubi Soft, avec plein de choses à faire et de lieux à visiter, mais sans jamais rien d'exigeant ou de significatif, tout s'y résume à des listes interminables à compléter et des points à faire changer de couleur sur une immense carte - on y est à mille lieues du "fait main" et de la fraîcheur de "Grow Home", qui se suffisait à lui-même et n'avait décidément pas besoin d'une suite...

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