samedi 2 mars 2019

Monolith (Steam) Team D-13

"Monolith" n'est pas très difficile à résumer : c'est exactement "The Binding of Isaac", sauf qu'il remplace l'ambiance pourrissante typique de Edmund McMillen par un cadre rétro plus générique, et il remplace les éléments d'action qui rappelaient Zelda sur NES par un gameplay de dual stick shooter très classique, avec juste ce qu'il faut de manic shooter pour les boss.

Comme "The Binding of Isaac", "Monolith" est un Rogue-lite, c'est-à-dire qu'il emprunte à "Rogue" (le dungeon crawler de 1980) sa génération aléatoire des niveaux, sa distribution aléatoire des ennemis et des récompenses (argent, magasins, armes, etc.), et la liberté qu'il laisse au joueur : gestion des ressources, choix du parcours et des armes, risques encourus... Partie après partie, on a donc affaire à des situations différentes, devant composer avec ce que l'on trouve sans pouvoir profiter de la facilité du "par cœur".

Chacun des six niveaux de "Monolith" est structuré de façon similaire : il y a dans son labyrinthe un certain nombre de mini-boss, une sortie à localiser qui ne se déverrouille qu'après avoir détruit ces mini-boss, un stand d'amélioration pour notre vaisseau avec une amélioration à choisir parmi trois, un autre stand permettant d'obtenir une arme aux spécificités aléatoires (en général à choisir parmi deux options), des magasins vendant divers articles (santé, bombes, armes, munitions - sans munitions on se retrouve à utiliser l'arme par défaut), une salle cachée qui renferme une récompense spéciale (on y libère l'accès grâce à une bombe, comme dans "The Binding of Isaac"), et parfois, il y a un caveau verrouillé par une clef, qui lui aussi renferme une récompense spéciale. Toujours à l'instar de "The Binding of Isaac", si l'on reste libre de choisir quelle nouvelle salle explorer dans le labyrinthe du niveau, on y restera enfermé jusqu'à détruire tous ses ennemis, à la "Smash TV".


Tout est très bien conçu : le jeu est parfaitement lisible, sa maniabilité est irréprochable (même si j'aurais préféré pouvoir piloter le vaisseau de façon analogique et pas seulement dans huit directions, mais ça permet de jouer aussi au clavier et à la souris), les différents types d'ennemis sont très bien pensés, les arènes sont astucieuses et varient agréablement, les armes sont nettement distinctes et amènent effectivement à jouer différemment, le jeu reste globalement bien équilibré malgré son facteur aléatoire... je trouve personnellement les tout derniers boss (les niveaux se terminent tous par un boss) trop durs et trop "manic" à mon goût, et certaines armes sont clairement moins efficaces que d'autres, mais je n'ai pas de gros reproche "objectif" à faire à "Monolith".

Pour moi, "Monolith" est ceci dit un peu fade : il concrétise ses promesses et se prête très bien à une rejouabilité "arcade" quasi infinie, il est extrêmement agréable d'y rejouer de temps en temps pour le plaisir ou pour améliorer son score (il me rappelle en fait irrésistiblement "Space Dungeon", le jeu d'arcade méconnu de Taito sorti en 1981 et qui est presque un Rogue-lite), mais on n'y trouve pas de surprise, de vraie personnalité, ou d'idée originale - en fait, après avoir vaincu son "faux" boss final puis avoir atteint son "dernier" boss, et après avoir acquis l'essentiel des armes du jeu, je m'en suis lassé, et je lui préfère largement dans le même genre "Enter the Gungeon".

Il ne faut cependant pas s'y tromper : "Monolith" reste un Rogue-lite d'excellente qualité, je m'y suis beaucoup amusé pendant sa première douzaine d'heures, et j'y rejoue bien plus volontiers qu'à "The Binding of Isaac", qui a évidemment plus de personnalité mais est beaucoup plus lent, moins précis (la précision de "Monolith" est exemplaire), et bien moins nerveux.

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