jeudi 11 juillet 2019

Resident Evil 4 (Steam) Capcom

"Resident Evil 4" n'est pas seulement un jeu de qualité extraordinaire, c'est un véritable monument qui a révolutionné le jeu vidéo : le survival horror n'a plus jamais été le même ("Dead Space", "The Last of Us", "The Evil Within", etc.) et au-delà, les jeux d'action ont eux aussi été bouleversés - "Gears of War", "Vanquish" et "Uncharted" doivent tout à "Resident Evil 4". À l'époque de sa sortie sur GameCube, ce jeu a été une claque historique : on n'avait jamais vu des environnements aussi crédibles ni aussi interactifs, un rythme aussi soutenu, une redéfinition de l'horreur aussi radicale, un jeu aussi généreux (on a l'impression qu'il n'en finit pas) qui à partir de bases ludiques très simples parvient à engendrer constamment de nouvelles situations, produisant une incroyable variété de gameplay et de ton (on passe allègrement et sans anicroche d'une action "hénaurme" presque joyeuse à une angoisse terrible).

J'ai personnellement découvert ce jeu à sa sortie et ça a été un de mes plus grands moments de jeu vidéo. J'ai ensuite racheté le jeu sur Wii où je l'ai regagné à 100% avec un immense plaisir (les contrôles étaient parfaits), puis j'ai racheté cette version HD sur Steam lors d'une promotion pour une poignée d'euros.


Je ne m'attendais pas à m'amuser de nouveau à ce point : à ma grande surprise, j'ai ressenti le même plaisir et la même excitation qu'à l'époque de la sortie du jeu sur GameCube, ce qui n'est pas peu dire - ce portage est excellent.

Alors, certes, il y a des défauts : je suis tombé sur un bug curieux vers le début du jeu (quand on libère Luis) où Léon a soudain vu ses jambes rapetisser pendant une dizaine de secondes (ça n'est pas arrivé lors de mes parties suivantes), l'animation de recharge des fusils de précision est bizarre quand on joue à 60fps, il y a quelques (très rares, et probablement là à l'origine) endroits où des éléments de décor apparaissent brutalement au loin, on ne peut pas changer les touches librement (ou alors il faut éditer le fichier "input.ini" dans le dossier d'installation du jeu), et l'espace disque exigé est excessif (plus que "Resident Evil 5", un comble), ce qui est sans doute dû à "Separate Ways", le (médiocre et dispensable) bonus avec Ada ajouté lors du portage sur PS2 et qui pour une raison mystérieuse n'utilise pas le moteur du jeu pour ses cinématiques...

Mais ce sont là des broutilles par rapport au bonheur de jouer à ce chef-d'œuvre affiché en HD avec une animation à 60fps (enfin), des options d'anticrénelage, de meilleures textures, des effets (grain, filtres, brouillard, lumières) intacts ou améliorés, etc.


Comme le font justement remarquer certains joueurs sur Steam, l'amélioration des textures est relative, il y a encore beaucoup de textures cradingues, mais à mon avis cela fait partie de l'identité du jeu... "Resident Evil 4" est caractérisé par une ambiance très poisseuse, où tout est miteux et en décomposition : même dans son contexte d'origine, ses textures étaient plutôt grossières, mais l'impression d'ensemble était malgré tout étonnamment convaincante, donnant une impression troublante de photoréalisme. Si elle est nettement plus jolie que le jeu original, cette version conserve cette ligne graphique, que je préfère largement à certains mods beaucoup trop stériles qui trahissent à mon avis l'esthétique et la cohérence de l'œuvre.

Il faut aussi savoir que le jeu a été lourdement patché lors de plusieurs vagues s'étalant sur deux mois après sa sortie sur Steam, une bonne part des avis négatifs y sont donc maintenant obsolètes. Dans son état actuel, cette édition de "Resident Evil 4" est tout simplement la meilleure version officielle qui existe, ce qui la rend donc incontournable.

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