mercredi 3 juillet 2019

Resident Evil (Steam) Capcom

Je n'ai pas connu le "Resident Evil" original à l'époque de sa sortie dans les années 1990, je n'ai donc aucune nostalgie pour lui, mon affection allant plutôt au jeu qui l'a inspiré, "Alone in the Dark". Quand j'ai découvert plus tard le jeu sous émulation PSX, je n'ai pas été impressionné, puis j'ai essayé son remake à sa sortie sur GameCube, qui m'a fait ressentir un tel rejet que j'ai tout de suite revendu le jeu d'occasion. Dix-sept ans (!) plus tard, voilà que je profite d'une promotion sur Steam pour redonner sa chance au remake, et à ma grande surprise, cette fois-ci c'est enfin la bonne : je n'ai pas pu décrocher de "Resident Evil", me régalant de bout en bout. En fait, aussitôt après avoir gagné le jeu avec Chris en "Normal", j'ai remis les couverts avec Jill en "Expert", puis j'ai enchaîné les parties pour finalement remporter presque tous les succès du jeu (qui sont plutôt bien pensés).

Bien entendu, ce remake conserve les fondamentaux du jeu original, et donc, les personnages bougent de façon rigide, l'inventaire limité est très contraignant, la gestion des ressources est stressante (munitions, soins, etc. même les sauvegardes), les angles de caméra fixes masquent souvent ce qu'il y a devant nous, les puzzles à résoudre sont de pures conventions vidéoludiques qui n'ont aucun sens dans un univers "réaliste" (avec par exemple des pièges à la Indiana Jones en plein milieu d'un manoir victorien)...


Ces caractéristiques sont pour beaucoup de joueurs des défauts indépassables, mais elles sont justifiées, permettant de construire un jeu parfaitement cohérent et délicieusement original par rapport au contexte vidéoludique actuel : le jeu est en réalité une sorte de casse-tête géant allant bien au-delà de ses "énigmes" un peu ridicules - quels zombies tuer et lesquels éviter pour économiser ses ressources, lesquels brûler pour s'en débarrasser pour de bon, comment optimiser ses déplacements afin de prendre le moins de risques et perdre le moins de temps possible, etc. Ce gameplay de jeu d'aventure old school est servi par une réalisation encore très impressionnante grâce à un travail exceptionnel, qui participe à créer une ambiance extrêmement tendue. Le jeu se permet de plus de jouer intelligemment avec les conventions du jeu original, semblant s'y conformer pour les transgresser brutalement avec un effet de surprise garanti.

Pour ce qui est de cette version Steam en particulier par rapport à la version GameCube, il y a en réalité peu de changements : le jeu est en haute définition (encore heureux), mais les décors fixes typiques de la série jusqu'à "Resident Evil : Code Veronica" n'ont pas été régénérés - cela signifie que les images précalculées pour la GameCube et son 480p sont simplement étirées et perdent beaucoup de leur finesse apparente par rapport au jeu sur console et TV cathodique, surtout si on joue au format 16/9 qui agrandit encore plus l'image. J'ai malgré tout opté pour le 16/9 sans que cela ne me gêne outre mesure : l'action est certes plus zoomée et l'image est (encore) moins fine, mais cela renforce la tension, et le scrolling "pan and scan" qui suit la position du héros a le grand avantage de dynamiser le jeu, autrement trop statique.

"Resident Evil" est un classique qui mérite sa réputation, et je suis heureux d'avoir enfin pu l'apprécier.

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