mardi 28 juillet 2020

Wonder Boy - The Dragon's Trap (Steam) Lizardcube

Quand j'ai commencé de lire des louanges pour le remake de "Wonder Boy : The Dragon's Trap" développé par le studio français Lizardcube, j'étais sceptique. Je n'avais jamais joué au jeu original mais j'avais pratiqué d'autres volets de la série, et ceux typés "arcade" du début m'avaient paru trop simplistes, alors que ceux typés "jeu de rôle" de la fin m'avaient paru trop lents et laborieux. Je n'étais donc guère motivé...

De plus, j'étais dubitatif face à l'idée de conserver l'exact même gameplay mais d'échanger les graphismes originaux très basiques avec une présentation somptueuse digne d'un dessin animé à l'ancienne. Le fond n'allait-il pas jurer avec la forme ?

Après sept heures sur un premier run en "normal" puis quatre heures sur un second run en "difficile" (et tous les succès remportés), je suis conquis : ce jeu est un chef-d’œuvre - il l'était déjà à sa sortie sur Master System en 1989, et ce remake le transcende en le rendant merveilleusement enchanteur et accessible.

Les deux tendances de Wonder Boy évoquées plus haut s'équilibrent ici à la perfection : le jeu est nerveux sans être simpliste, et présente une certaine complexité sans être trop lent ou compliqué - si l'on veut, le côté "Rastan" s'harmonise idéalement avec le côté "Metroid". Quant à la présentation digne de "Cuphead" ou de "Wario Land : The Shake Dimension", elle permet de combler le vide graphique du jeu original tout en restant toujours extrêmement lisible, et elle apporte bien sûr énormément de richesse et de personnalité à l'univers. Passer des anciens graphismes aux nouveaux à la pression d'un bouton est impressionnant.


Ceci étant, il faut bien garder à l'esprit que le gameplay reste celui d'un jeu des années 1980 : j'ai grandi pendant ces années et je m'accommode donc instinctivement d'une logique qui peut parfois sembler obscure ou punitive, mais il peut déconcerter d'avoir une apparence aussi moderne pour un jeu aussi old school. Le jeu n'est pas difficile, son labyrinthe n'est composé que de segments linéaires très simples avec quelques secrets, mais les joueurs habitués aux jeux modernes ou néo-rétro peuvent être déroutés.

J'aimerais plus particulièrement attirer l'attention sur le mode "difficile", qui sur le papier paraît rébarbatif puisque l'on y perd un peu de vie toutes les 30 secondes : en réalité, ce mode met très bien en valeur la minutie du level design original et son spectaculaire équilibre, nous obligeant à être plus offensif (ou évasif) dans les combats et mettant bien en avant les diverses stratégies possibles (chaque pièce d'équipement devient plus pertinente).

Souvent, j'ironise sur les développeurs français en soulignant qu'ils privilégient la forme sur le fond : parce que le fond ludique était ici déjà exemplaire, le problème ne se pose pas, et "Wonder Boy : The Dragon's Trap" réunit magnifiquement deux moitiés de très haut niveau, faisant de lui un incontournable si l'on aime le genre.

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