jeudi 13 août 2020

Hotline Miami (Steam) Dennaton Games

Quand "Hotline Miami" est sorti, le concept du jeu "hardcore" à la "Super Meat Boy" n'en était encore qu'à ses débuts et se limitait surtout aux jeux de plateformes, l'idée consistant à proposer un défi très difficile avec des morts très fréquentes mais d'éviter la frustration grâce à une combinaison de vies infinies, de sections courtes, et d'une absence complète de délai entre deux tentatives. Cette façon révolutionnaire de gérer le défi, l'échec et le rythme dans le jeu vidéo ne demandait alors qu'a être adaptée à d'autres genres, et c'est le cas ici avec la formule du shooter vu du dessus...

Dans "Hotline Miami", on joue un tueur chargé d'éliminer tous les gens se trouvant à des adresses désignées par d'étranges coups de téléphone, le gameplay accordant une importance particulière à l'improvisation et au changement régulier d'arme (les armes à feu arrivent vite à court de munitions, beaucoup d'objets du décor peuvent servir d'arme blanche, et varier les armes accorde un gros bonus de score). Le level design et le scoring sont d'une précision chirurgicale, avec quelques éléments aléatoires permettant d'épicer un peu les choses (les armes portées par les ennemis et celles présentes dans le décor sont en partie tirées au sort).

Ici, notre héros n'est pas plus résistant, mieux armé ou plus précis que nos adversaires : on meurt aussi facilement qu'eux, et s'ils portent une arme à feu et nous aperçoivent (même de loin ou à travers une vitre), ils ne nous rateront pas. Ils sont aussi sensibles au bruit : s'ils entendent un coup de feu, ils viendront voir ce qui se passe. Il faut donc prendre soin de cartographier mentalement les lieux, élaborer un plan efficace, être extrêmement précis, et surtout, toujours rester hyper réactif.


Comme "Super Meat Boy", "Hotline Miami" peut ainsi nous faire entrer dans une transe hypnotique nous amenant à réaliser des enchaînements spectaculaires dont on ne se serait jamais cru capable. Heureusement, le jeu est plutôt bien équilibré : on a beau mourir en boucle, la nervosité du jeu, sa lisibilité et les options à notre disposition font que l'action reste toujours juste, plaisante et addictive. Il n'y a pas beaucoup de niveaux (une vingtaine), mais le jeu offre pourtant une bonne durée de vie grâce à l'équilibre de son défi, son scoring, et ses nombreux succès à débloquer (plutôt bien conçus), avec beaucoup de choses à dénicher (masques altérant notre façon de jouer, objets cachés) et beaucoup de subtilités à maîtriser.

Pour ce qui est de la présentation, "Hotline Miami" est surprenant sur le fond comme la forme, avec du pixel art destroy affiché de travers et des couleurs et effets psychédéliques donnant l'impression que l'on est drogué. L'ambiance est très violente et glauque (étonnant qu'un jeu en pixel art puisse créer autant de malaise), l'histoire est simple mais bien racontée. Les musiques du jeu sont de haute qualité et sont parfaitement appropriées.

Le seul reproche que je fais à "Hotline Miami" est mineur et m'a même plutôt rendu service : il s'agit de la conception de ses deux niveaux bonus, qui sont apparemment un avant-goût du level design de "Hotline Miami 2", avec de grandes aires ouvertes et des ennemis qui nous tirent dessus hors-écran depuis l'autre bout du niveau - non merci, je préfère me limiter à l'excellent level design du jeu original !

"Hotline Miami" est une référence, un grand classique auquel j'ai eu énormément de plaisir à jouer, ne le ratez pas.

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