mardi 4 août 2020

Slipstream (Steam) ansdor

Les jeux de course ne sont pas mon genre préféré, même si j'aime beaucoup "Super-Hang On", "Out Run", "Rad Racer", certains Mario Kart, F-Zero... mais "Slipstream" a bouleversé mes préconceptions : je n'ai tout simplement jamais été autant captivé par un jeu du genre.

À première vue, "Slipstream" émule "Out Run", avec le même type de rendu graphique, la même structure ouverte dans son mode principal (après avoir fini une course, on peut choisir la suivante en allant à droite ou à gauche à une fourche, pour quinze courses principales en tout), et des contrôles apparemment très simples : on peut manœuvrer latéralement, freiner, accélérer, et c'est tout.

Il faut pourtant absolument passer par le tutoriel de "Slipstream" pour bien apprécier le jeu, tout son gameplay reposant sur deux mécaniques : le dérapage et le slipstream. On dérape en freinant d'un petit coup sec puis en accélérant de nouveau aussitôt alors que l'on prend une direction (et en gardant cette direction), et le slipstream est l'aspiration - quand on suit un véhicule, on ne subit plus les frottements de l'air, et on gagne donc beaucoup en vitesse. Ces mécaniques ne sont pas originales, mais "Slipstream" a la particularité de modeler tous ses circuits, sa physique, son rythme, son intelligence artificielle, sa technicité et sa difficulté sur elles, au contraire de la plupart des autres jeux de course.


Cela fait de "Slipstream" un exemple parfait de jeu "simple à comprendre, difficile à maîtriser", qui est le principe que j'apprécie le plus dans les jeux d'action ou les jeux de puzzles. Partie après partie, on se familiarise toujours plus avec les mécaniques du jeu, suivant une courbe d'apprentissage extrêmement valorisante qui nous conduit jusqu'à un état de concentration extrême, sorte de symbiose vidéoludique hypnotique que j'ai déjà ressentie par exemple dans "Super Meat Boy" ou "Stephen's Sausage Roll" dans des genres très différents.

En plus de cela, "Slipstream" a une personnalité propre allant au-delà de son gameplay. D'abord, son mode principal ne singe pas exactement "Out Run", le temps n'y est pas une vraie contrainte, son objectif principal est en fait de battre des "rivaux" (tous des caricatures des années 1980 : il y a le golden boy, la fashion victim, le cyborg, la fille gothique)... et ensuite, sa patte graphique est très spéciale, mêlant harmonieusement le pixel art et la HD (avec l'option de pouvoir jouer en basse résolution et/ou en 30fps et/ou avec un filtre CRT si on préfère) - le jeu est franchement magnifique en mouvement, accompagné de musiques elles aussi typées "années 1980" et très appropriées. On sait que l'on joue à "Slipstream" et pas à un autre jeu.


Le jeu est aussi très généreux en contenu : en plus du mode "Grand Tour" principal, on peut concourir à un "Grand Prix" de cinq circuits (il y a quatre prix différents, dont un constitué de circuits bonus, pour un total de vingt circuits) où l'on peut customiser sa voiture en fonction de son classement (dans les autres modes, on choisit sa voiture parmi cinq en début de course, chacune avec des équilibres différents), un mode "Cannonball" où l'on doit remonter les concurrents (avec ou sans rivaux), une "Battle Royale" où les retardataires sont éliminés petit à petit, un "Time Trial" où l'on conduit contre la montre, des modes multijoueurs, un mode "difficile" facultatif avec un mode "facile" pour les débutants, avec en plus de cela de nombreux succès bien pensés et la possibilité de jouer les courses à l'envers (pas en miroir, à l'envers, ce qui change tout).

"Slipstream" reste également très accessible malgré sa technicité, j'ai toujours gardé plaisir à l'explorer jusque dans ses moindres recoins pour le battre à 100% sans frustration excessive ni sentiment de perdre mon temps. À ce sujet, je dois dire que le contraste avec "Horizon Chase Turbo" (autre jeu de course "rétro" récent) est frappant : j'ai trouvé ce dernier très fade, répétitif et superficiel, rempli de circuits créés à la chaîne qui n'apportent rien, alors que "Slipstream" est fait "sur mesure" tant dans ses circuits (que l'on apprend à connaître comme une route d'un patelin de son enfance) que dans ses mécaniques.

Plus qu'un jeu que j'ai beaucoup apprécié, "Slipstream" est un jeu pour lequel j'ai de l'affection, ce qui n'est pas si courant.

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