lundi 13 septembre 2010

La Mouche (1986) David Cronenberg

David Cronenberg est LE cinéaste de la métamorphose.

Déjà, le thème englobe presque la totalité (avec un peu de bonne volonté on pourrait dire la totalité) de son œuvre. C'est évident quand on considère ses films les plus explicites sur le plan du fantastique ("Frissons", "Rage", "Vidéodrome", "eXistenZ") mais c'est tout autant vrai, voire davantage, pour ses films plus psychologiques ou artistiques, comme "Faux Semblants", "M. Butterfly", "Crash" ou même "A History of Violence" :

Dans "Faux Semblant", les jumeaux Mantle fonctionnent comme un organisme à deux têtes qui devra se séparer sans savoir s'ils pourront survivre à "l'opération".
"M. Butterfly" évoque directement l'idée de la métamorphose dans la scène du papillon, quand René Gallimard s'ouvre lui aussi au travestisme.
Les repères moraux, le corps et le comportement des personnages de "Crash" mutent par le biais d'un fétichisme sexuel acquis après un accident de voiture, et sous l'influence d'un prophète parlant de "remodeler le corps humain avec les technologies modernes".
"A History of Violence" est entièrement centré sur la transformation du personnage principal (tueur surdoué devenu citoyen modèle) ayant eu lieu avant les événements du film (concept original dans la filmographie de Cronenberg).

En dehors de cette prédominance marquée dans l'œuvre du réalisateur, David Cronenberg est aussi LE cinéaste de la métamorphose...

... parce qu'il est à peu près le seul à traiter le sujet !

Que l'on considère Hollywood ou les circuits "indépendants", la métamorphose est absente au cinéma. Les évolutions marquées des personnages, avec des changements profonds, suivent toujours les mêmes axes :
  • La guérison : le personnage a été blessé par un événement mais va finir par se restaurer. Hollywood en est saturé, on peut citer "Inception" ou "Signs".
  • L'affirmation de potentiel : quelque chose a toujours été enfoui au fond du personnage et va se révéler. Sujet classique, par exemple "Matrix", le propagandesque "Working Girl" ou, plus subversif, "Fight Club".
  • La métaphore adolescente : le personnage apprend à devenir un adulte responsable. On peut citer "Spider-Man" et à peu près tous les Disney.
  • La déchéance : le personnage a fait des erreurs, il va devoir les payer. On peut citer "Requiem for a Dream".
C'est tout, même en grattant. Par exemple la ficelle du "personnage bougon et hostile qui à la fin du film deviendra quelqu'un de formidable" est un compromis entre les trois premiers points et des nuances du quatrième, les trois premiers étant de toute façon très proches. Les transformations de type super gentil/méchant ou en monstre (comme le professeur dans "From Beyond") sont quant à elles soit de simples introductions (on ne connaît pas vraiment Jonathan Osterman avant qu'il ne devienne Dr Manhattan dans "Watchmen"), soit se ramènent à l'un des quatre points ci-dessus.

Quoi qu'il en soit, ces évolutions sont assez timides, le personnage concerné restant globalement la même personne, il va juste se guérir, se révéler, s'enrichir, ou se dégrader - ou alors il passe sans transition de personnage secondaire en monstre à abattre dans les films d'horreur.
La raison de cette pudeur est simple : le concept de la métamorphose est terrifiant, et les gens en général, et Hollywood en particulier (étant américain), aiment que les évolutions aient un sens, moral la plupart du temps. Si la transformation est positive, alors on est typiquement dans un film d'ado ou un "feel good movie" (film qui donne la pêche, comme "Un Jour sans Fin"). Si elle est négative, on est soit dans un film moralisateur, soit dans un mélo, soit les deux.

Or, les métamorphoses chez David Cronenberg, radicales, n'ont pas de sens moral, elles arrivent, c'est tout. Le film reste neutre, sans porter de jugement sur les deux extrémités du processus, l'une n'est pas considérée comme meilleure que l'autre... le film se contente d'observer et de décrire un phénomène qui, dans le fond, nous arrive à tous, et si le spectateur est horrifié, c'est son problème. Il n'est même pas systématique que l'on parte d'une situation "normale" pour arriver à une situation "anormale", c'est le contraire dans "A History of Violence" et "Faux Semblants" par exemple, c'est la "normalisation" du fonctionnement des jumeaux Mantle qui va les détruire. Cronenberg est avant tout intrigué par l'idée qu'une personne change fondamentalement, pas par les sens moraux ou mélodramatiques, même la métamorphose de Seth Brundle dans "La Mouche" n'est pas filmée comme une déchéance, c'est davantage son aliénation qui est marquante.

Oui, au fait, on ne devait pas parler de "La Mouche" ?

J'y arrive !

Compte tenu, donc, du fait que David Cronenberg est LE cinéaste de la métamorphose, il n'est pas étonnant que le film qui, de tout sa filmographie, aborde ce sujet de la façon la plus frontale, soit de très loin son plus gros succès (il a généré plus d'argent que tous les autres réunis).

Je pense que tout le monde connaît "La Mouche", mais juste au cas où, je fais un résumé rapide : "La Mouche" est un remake de "La Mouche Noire" (1958), lui-même adapté d'une nouvelle écrite un an auparavant, "La Mouche" de George Langelaan. L'histoire originale est celle d'un scientifique ayant mis au point un système de téléporteurs, permettant d'être désintégré par l'un et réintégré par l'autre. Après quelques problèmes de mise au point, ayant notamment désintégré le chat de la maison sans le faire réapparaître, la machine semble fonctionner, et le héros l'essaie sur lui-même. Cependant, une mouche s'introduit dans le téléporteur, et la machine intervertit leur tête et un membre lors du transport (en les mettant au passage à la bonne échelle). Le héros demande alors de l'aide à sa femme pour retrouver la mouche portant sa tête et son bras, dans l'espoir de renouveler l'inversion, mais en vain. Sa femme lui suggère alors de se transporter seul, "au cas où", ce que le scientifique dubitatif fait pour lui faire plaisir... pour se réintégrer avec des éléments du chat qui avait été perdu ! Trop transformé, il détruit alors son invention et demande à sa femme de l'aider à se suicider, ce qu'elle fait.


Le film de 1958 suit cette histoire de façon très fidèle, sans la réintégration avec le chat, et avec une scène ajoutée qui m'a traumatisé étant enfant, où la mouche à tête et bras humains est prise dans une toile d'araignée.
Cette scène et la naïveté absurde de l'échange (où est le cerveau ? comment les morphologies peuvent-elles cohabiter ?) ont fait du film un film culte, mention spéciale au passage où le scientifique à tête de mouche écrit sur un tableau noir : "j'ai mal à la tête, j'ai du mal à réfléchir"... sans rire ?

Fusion

Le film de David Cronenberg (produit par Mel Brooks qui lui a dit de "ne pas se retenir", six ans après avoir produit "Elephant Man" de David Lynch, Brooks savait s'entourer) est bien entendu moins naïf, et a deux différences majeures avec l'histoire originale :
  1. Le héros, Seth Brundle, n'est pas marié, c'est un puceau excentrique qui drague une journaliste en l'intéressant avec son invention. Le film commence donc comme une comédie romantique et érotique.
  2. Il n'y a pas d'échange avec la mouche, il y a fusion. La masse de la mouche se perd dans celle de Brundle, mais l'ordinateur fait un mélange créatif avec le code génétique de ses cellules, ce qui fait qu'au fur et à mesure que celles-ci meurent, elles sont remplacées par des cellules portant le nouvel ADN.
Ces modifications sont extrêmement judicieuses. La transformation très progressive permet au public d'accepter chaque nouvelle idée sans remettre en question la plausibilité du film : si Brundle était directement sorti du télépode comme l'hybride de la fin du film, le public aurait ri et/ou n'aurait pas marché. Mais le voir "normal" avec juste un comportement altéré en faveur d'un goût pour les sucreries et la reproduction agressive, puis avec des poils étranges qui poussent, puis avec une maladie de peau, puis perdant ses ongles etc. permet d'accepter plus tard des étapes plus extravagantes, comme sa capacité à marcher aux murs ou la façon dont il dissout les aliments.


En dehors des questions de suspension of disbelief, la "banalité" des premières étapes de la transformation de Brundle permet aussi de créer une empathie, car ces symptômes rappellent des maladies réelles que l'on a tous connues, directement ou indirectement. Quelque chose accentuant beaucoup cela est le premier point évoqué plus haut, l'aspect romantique du film : le public fait connaissance avec Brundle en même temps que la journaliste, quand il la charme, il nous charme aussi, et quand sa maladie stoppe net l'évolution de cette romance (très réussie), on est choqué par la brutalité de l'événement : on a payé pour venir voir l'histoire d'un homme qui se transforme en mouche, mais quand le sujet arrive, on le vit comme une intrusion cassant quelque chose que l'on aimait et que l'on voulait voir se développer. C'est génial de retourner ainsi les attentes du public.

Cinématographiquement, le film est parfait. Le photo est somptueuse, la musique de Howard Shore est toujours aussi soufflante de pertinence et de talent, les acteurs sont sublimes avec une alchimie entre Goldblum et Geena Davis que peu de films arrivent à émuler, les décors sont simples mais étudiés, le design des télépodes et la froide et terrifiante stupidité de l'ordinateur vous hantent longtemps après le film, le gore et les effets sont toujours appropriés et saisissants (mention spéciale pour le cauchemar de l'accouchement qui est une des scènes qui m'a le plus marqué au cinéma, avec Cronenberg lui-même jouant le rôle du docteur)...

Alors, pourquoi je n'ai pas aimé le film ?

En fait, j'ai aimé "La Mouche", mais il est vrai qu'il ne faisait pas du tout partie des mes films de David Cronenberg préférés. J'ai beaucoup aimé la rencontre entre Seth Brundle et Veronica Quaife, le développement des télépodes et surtout de l'ordinateur les contrôlant, les tensions mordantes avec Stathis Boran, puis le changement de comportement de Brundle après sa fusion...

Par contre, à partir du moment où Brundle comprend qu'il est effectivement malade et découvre qu'il a fusionné avec une mouche, il ne se passe plus grand-chose...
Brundle fait de l'humour noir et alterne entre le désespoir et l'enthousiasme, Véronica pleure et va dire à Boran qu'il faut "faire quelque chose", mais ni l'un ni l'autre ne fait quoi que ce soit, ce qui ne colle pas avec des personnages montrés auparavant comme étant très dynamiques et obstinés (et amoureux). La pauvreté de cette portion du film est d'autant moins excusable que celle-ci couvre plusieurs mois et est censée illustrer la métamorphose de Brundle en mouche, et Cronenberg est LE cinéaste de la métamorphose, souvenez-vous...


Or, il manque des éléments clefs à sa transformation. Déjà, celle-ci se résume à Goldblum étant progressivement recouvert de toujours plus de couches de latex, jusqu'à devenir un sac qui va s'ouvrir lors d'une fin quelque peu grand-guignol et très décalée, car en rupture thématique avec la sobriété totale de la phase de transformation : sans transition, Brundle semble soudain chercher une solution à son problème, sans transition, les télépodes reviennent en scène, sans transition, il y a de nouveau de l'action/suspens, sans transition, Brundle se révèle être sadique et dangereux, sans transition, Brundle devient effectivement insectoïde...

Il y a là une lacune que n'avait pas l'histoire originale, à savoir une tentative, encourageante ou ratée, pour guérir Brundle, ou au moins une scène intermédiaire pour illustrer sa dangerosité, sa déshumanisation, l'irruption d'une forme effectivement insectoïde... L'histoire d'origine avait la fameuse mouche à tête et bras humain qui aurait pu guérir le savant, puis une tentative désespérée (se téléporter sans la mouche), suggérée par sa femme, qui finalement aggrave la situation et fait avancer l'histoire ; il y avait donc du suspens, de l'espoir, des déceptions - bref, un moteur...

Là, on voit Brundle tapoter sur son clavier pendant des mois sans qu'il n'essaie ou théorise quoi que ce soit, ce qui ne lui va pas ; le "personnage" de l'ordinateur gérant les télépodes est bizarrement absent alors qu'il devrait être très sollicité. Et pendant ce temps, Véronica ne fait rien, pas même chercher de l'aide auprès des collègues ou de la famille de Brundle, ou auprès de Bartok Industries. Elle pourrait au moins lui amener à manger, ou rapporter tel ou tel renseignement ou matériel dont il aurait besoin... mais non. Il manque quelque chose... une scène... ou deux... à peu près entre le tournage de la vidéo de Brundle vomissant sur ses aliments pour les dissoudre, et sa mise en garde à Veronica comme quoi il devenait/allait devenir dangereux. Et en effet...


Il est très, très, très rare qu'une scène coupée résolve tous les problèmes que l'on a avec un film. En général on espère que ce sera le cas, comme je l'ai espéré pour "Alien³", mais ça n'arrive pour ainsi dire jamais. Dans le cas présent, cependant, cette scène est ce que j'ai senti qu'il manquait à "La Mouche" pendant toutes ces années.
Son intégration n'est pas sans poser problème, par exemple la raison pour laquelle Brundle fusionne les deux mammifères : il fait manifestement une expérience pour mettre au point une méthode de guérison, mais cela a été perçu lors de la projection-test comme étant de la cruauté gratuite et a fait perdre au public toute empathie pour Brundle - la scène a donc été enlevée...

... ça, et quelqu'un a vomi dans la salle.

Il faut avouer que c'est une double scène incroyablement forte, très dense. D'abord, il y a un essai pour échapper à sa condition, suivi d'un échec, ce qui est un classique de la tragédie. Que l'on comprenne à quoi s'attendait Brundle ou non, sa déception et son désespoir face au résultat sont manifestes. L'ambigüité sur ses intentions (qu'il teste la fusion entre deux mammifères de taille similaire n'est pas très rassurant), la possibilité qu'il perde tout bonnement ses capacités mentales, et surtout son apparence et son comportement général, avec ses mouvements de tête saccadés et sa gestuelle insectoïde, marquent un tournant : soudain, il nous fait peur.

Alors qu'il lutte, ce qui génère de la sympathie, on le voit glisser davantage, à un point où il devient effrayant. Cette scène est celle où l'on cesse de se sentir simplement comme un ami au chevet d'un malade : quand Brundle sort de son laboratoire, le malade sort de son lit, il devient une entité dynamique, imprévisible, potentiellement dangereuse.
Toute la séquence sur le toit est extraordinaire, et son absence aplatit totalement le film tel qu'on l'a vu en salle. Pour la première fois, en le voyant contempler la ville la nuit depuis les toits, on réalise à quel point Brundle est devenu incongru, quand il glisse le long d'une façade et se suspend devant une fenêtre allumée, on sort du contexte du huis clos et on se projette sur les gens qui habitent là et qui pourraient le voir. On réalise que Brundle est devenu une anomalie, que les autres peuvent représenter un danger pour lui et inversement.


La fin de la scène, l'irruption de la patte d'insecte sur le torse de Brundle et son amputation effectuée comme un lapin se coupe la patte, enfonce le clou. Elle résume l'aggravation de l'aliénation de Brundle d'un côté, et son refus désespéré et pathétique, perdu d'avance, de l'autre. Comme tout le reste de la scène, elle introduit également beaucoup de fluidité et de transition par rapport à la fin du film, complètement décalée sans celle-ci. La version sortie au cinéma a d'ailleurs un problème de continuité : pourquoi les trois télépodes seraient-ils reliés comme il le sont à la fin, alors que la décision de Brundle de suivre Véronica et Boran a été prise à la dernière minute en écoutant leur conversation ?

De façon générale, tout prend un autre sens. La scène qui suit la coupure, l'acceptation de Brundle de sa nature d'insecte et son avertissement à Véronica sur sa dangerosité, prend un relief totalement différent car on l'a vu refuser cette nature auparavant (il y a donc renoncement), et on a constaté cette dangerosité potentielle. Sa forme réellement hybride passe également beaucoup mieux, car on a vu que quelque chose s'était formé sous sa peau et sa chair malades. Et surtout, la menace de sa fusion avec Veronica et le bébé, à laquelle je n'ai pas cru une seconde lors de la sortie en salle (j'avais pourtant 13 ans), prend un tour différent : je n'y avais pas cru parce que je ne pensais pas que le film irait jusque là, mais après la scène de fusion entre le babouin et le chat, je n'en aurais pas été si sûr... et bien entendu, l'atrocité de la fusion chat/babouin aurait servi de terreau à l'imagination du spectateur pour imaginer ce que Brundle, fusionné avec la mouche, serait devenu en fusionnant avec une femme enceinte d'un bébé de nature inconnue.

Sur le plan de l'évolution des personnages, la volonté de Brundle de se fusionner avec Véronica et son bébé est également d'autant plus poignante qu'il sait que ça ne marchera pas. La fusion du chat et du babouin avait donné une monstruosité qu'il a abattue, mais il s'y tient tout de même... Cela illustre son désespoir, sa confusion et sa solitude. Ce qu'il veut faire est monstrueux mais son intention, se rapprocher de ceux qu'il aime, est au contraire très humaine, ce qui rend son projet d'autant plus émouvant, en contraste total avec l'abomination que l'on imagine sortant du télépode s'il réussissait. Ça c'est du drame, ça c'est de l'horreur...


Le secret d'un bon film d'horreur, c'est de donner du grain à moudre à l'imagination du spectateur sans jamais se faire rattraper par celle-ci. Et le montage sorti en salle m'avait laissé sur ma faim. Je voulais voir les télépodes davantage en action, je voulais voir Brundle se changer en insecte et non pas en sac surprise, je voulais voir un peu plus de combattivité et de rébellion contre sa maladie ou alternativement que son aliénation/monstruosité soit plus dynamique, je voulais une fin qui paraisse logique compte tenu de ce qui précède, alors que la fin sortie au cinéma était bien trop soudaine, l'insectisation de Brundle en particulier.

Je pense que cette scène coupée aurait dû être remontée dans le film, ou n'avoir jamais été enlevée (décidément, les quelques bons films des années 1980 ont souvent été pourris par leur public). Mais avoir la possibilité de "remonter le film" mentalement avec les bonus des DVD et Blu-Ray n'est déjà pas mal, et propulse "La Mouche" très haut dans mon palmarès "Cronenberg".

Le remake d'un remake d'une adaptation ?

Pour finir cet article, j'aimerais dire un mot sur l'annonce en septembre 2009 d'un nouveau remake de "La Mouche"... de nouveau réalisé par Cronenberg ! Il est vrai que le projet est apparemment curieux, mais je trouve dommage de lire tant de réactions outrées sur Internet à son sujet (en même temps, Internet)...

Je pense que l'histoire de "La Mouche" peut être dite de façons radicalement différentes, y compris par le même réalisateur. On en a déjà eu la preuve avec la version de 1958 et celle de 1986, et j'en ai eu de nouveau la preuve en visionnant cette scène coupée, qui à elle seule a changé mon opinion sur le film. Je pense donc que David Cronenberg, qui en tant que réalisateur s'est lui-même métamorphosé depuis 1986, peut en faire quelque chose de nouveau et de très intéressant, en particulier compte tenu des moyens de notre époque.

"La Mouche" est souvent évoqué par certains spectateurs conservateurs comme un modèle d'effets spéciaux. Mais si Brundle ne se change pas en mouche, mais en sac, c'est parce que ce que l'on pouvait faire à l'époque était limité, et non pas par choix. Que cela ait débouché sur un film assez sobre, et du coup peut-être plus réussi que si Cronenberg avait eu d'autres moyens à sa disposition, c'est possible, mais même en 1986, je n'avais pas trouvé la marionnette de la fin totalement satisfaisante, par exemple.

Ce qui m'amuse, c'est que les gens ayant un blocage sur l'image de synthèse ont souvent des idées assez floues sur ce qui est de la synthèse ou non, par exemple tous les "ah, pourquoi ont-ils fait la créature en synthèse" à propos de "Alien³" sont assez drôles puisque le monstre était une marionnette incrustée par transfert chimique... raison pour laquelle ça fait faux !
Quand on voit "District 9", qui pioche copieusement dans "La Mouche" et dont les effets sont tout simplement indétectables, on se dit qu'une autre "Mouche" est possible, ni meilleure ni moins bonne, juste différente, avec une transformation, une mobilité de la créature et un sens différents...

Pourquoi pas ?

4 commentaires

lowik a dit…

Excellent cet article, ce film m'inspire et ce que tu soulèves est bigrement intéressant, j'aimerai trouver le temps d'y revenir un jour, bon travail!

L@aure a dit…

J'adore sa m'a vachement aidé pour un travail sur les commentaires d'une oeuvre cinématographique, trés bon travail !!

Anonyme a dit…

C'est vraiment un très bon article qui m'a beaucoup aider pour un travail sur lequel je n'arrivais pas à m'en sortir.

P!3RR!CK a dit…

Merci pour l'aide !! (j'avais un questionnaire sur ce film) Très bon travail !